Il est vrai que certains travaux présentent un facteur de stress élevé ou ont le potentiel de placer le travailleur dans des situations traumatisantes. Ce type de travail est généralement reconnu et les personnes qui s’y engagent sont en général formées pour en comprendre les enjeux. Il est fréquent que des mesures soient mises en place pour contrôler le risque et soutenir le travailleur.

Les travailleurs dans ces domaines devraient, via des représentants syndicaux élus et formés, faire contrôler en permanence l’efficacité de ces mesures, afin d’améliorer la sécurité au travail. Voici pour ce faire, quelques indices pour reconnaître les symptômes du stress au travail.

Les symptômes comportementaux

La majorité des travailleurs ne sont pas confrontés à des situations de stress et cet argument ne devrait pas être utilisé par les employeurs comme excuse pour ne pas de prendre des mesures de prévention des risques professionnels, afin de protéger la santé des travailleurs. Une étude objective et sensible du lieu de travail peut identifier les facteurs de stress en utilisant le processus d’évaluation des risques.

La première chose à faire, c’est de vous observer et d’observer les autres. Le stress, dont les causes sont variées, présente toute une série de symptômes. En reconnaissant ces signes, il est possible de l’identifier. Pour ce qui est des symptômes comportementaux, on cite notamment des employés qui :

– deviennent irritables/agressifs, se replient sur soi-même, montrent des signes d’isolement social ;

– montrent des signes de changement dans les habitudes alimentaires, les habitudes de sommeil, la consommation de tabac, de drogues, d’alcool, de thé/café, l’automédication, etc. ;

– deviennent plus “difficile” sur le lieu de travail, moins coopératifs, plus enclins aux accidents, moins sociables ;

– deviennent plus “difficile” en dehors du travail, sont incapables de faire face aux rôles domestiques/familiaux, négligent leur apparence personnelle, etc.

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Reconnaître les symptômes physiologiques et psychologiques pour prévenir les risques psychosociaux

Les migraines, les troubles de l’estomac, la modification des habitudes de sommeil, les douleurs dorsales/cou/épaules, le refus de travailler, les maux de tête, l’hypertension artérielle, les spasmes musculaires ou encore le sentiment de malaise sont souvent les symptômes physiologiques d’un stress au travail.

Pour ce qui est des symptômes psychologiques, on peut citer un sentiment croissant que le lieu de travail est une “menace”, un lieu de tension, d’anxiété et une cause d’irritabilité, de faible estime de soi, d’oubli. On cite également une augmentation de l’inquiétude face aux problèmes tout en se sentant impuissant à changer la situation.

Ces changements peuvent être ressentis chez l’individu qui ne sera pas toujours capable de les articuler, mais l’oeil des collègues de travail attentifs permettra au représentant syndical de remarquer les signes et de commencer à mettre en place une démarche de prévention. Les personnes présentes au travail, mais ne travaillant pas efficacement constitueront aussi un indicateur précieux de l’évolution d’un problème.

Comment le stress est-il reconnu pour prévenir les risques au travail ?

Parfois, la partie la plus difficile de tout le processus consiste à faire reconnaître par les travailleurs eux-mêmes qu’il y a un problème. De même, les dirigeants, les employeurs et les membres du conseil d’administration essaieront de se détourner de ce concept et diront que les gens sont des mauviettes, qu’ils devraient laisser leurs problèmes à la maison et qu’ils devraient “se ressaisir”.

Il y a encore beaucoup d’ignorances à ce sujet. Dans plusieurs cas, les employeurs peuvent se contenter de suivre les recommandations d’une documentation spécifique et de suggérer que des services de conseil et d’autres services apporteront une solution.

Ils appliqueront également de lourdes procédures de contrôle des absences pour maladie et iront même jusqu’à demander le licenciement sur la base du fait qu’une maladie psychologique connue doit clairement rendre une personne inapte à ce poste de travail.

Dans des environnements de travail organisés, dotés de bonnes structures de représentation syndicale et de santé et sécurité, il existe des forums permettant de soulever les questions d’absence pour maladie et conduisant à une discussion adaptée de la question et à la reconnaissance par l’employeur de la nécessité d’agir.

Les rapports d’inspection de sécurité pour une meilleure prévention des risques au travail

Des rapports de sécurité réguliers peuvent signaler des problèmes relatifs aux taux d’absence pour maladie du personnel. Les employeurs conservent des données sur les absences pour maladie, et bien que certains aspects de ces données soient couverts par la protection des données, les principes généraux d’examen des schémas d’absence dans les ateliers, les départements ou l’entreprise dans son ensemble, ne le sont pas.

Dans de tels cas, il est donc possible de discuter de l’impact des schémas d’absence et d’en examiner les causes, afin de réduire les risques professionnels. En soulevant la question lors des réunions du comité de sécurité, une discussion précoce peut ensuite conduire à l’acceptation générale au sein de l’organisation qu’il peut y avoir un problème à résoudre.

Cela peut susciter une discussion sur les principes de l’évaluation des risques, les normes de gestion, et peut donc conduire à des processus d’audit simples ou plus sophistiqués. Tous ces audits doivent être confidentiels, ouverts et transparents, et s’appliquer à tous les travailleurs, y compris aux cadres si nécessaire.